lundi 19 octobre 2009

Le Dollar Cinema, c'est magique !!

Drinks, Candies, Chocolate, Popcorn, EVERYTHING : 1$
Admission : 2$


Le rêve ! En arrivant à Montréal, on a vite repéré où étaient les cinémas intéressants du coin. Le Dollar Cinema propose des projections de films sortis quelques mois auparavant, du coup le prix d'entrée est seulement de 2$. L'occasion de se refaire Gamer, cette fois-ci en VO totale et pour pas cher.
La station de métro est à très éloignée, et on arrive dans la banlieue anglophone de Montréal, avec ses parkings, ses malls et tous ses fast-food de rêve à portée de main. Après quelques déambulations, on finit par se rendre compte que le cinéma d'art et essai qu'on imaginait se trouve au premier étage d'un mall, et que c'est un boui-boui magique qui se terre au confins du couloir. La mafia indienne nous attend dans le hall et on nous fait signe de payer nos tickets à l'intérieur ; là, la propriétaire aux yeux hagards, visiblement sonnée, n'entrave rien de ce que je lui dit en anglais et finit par s'occuper d'autres clients pendant que son mari prend la relève : les yeux exorbités, les cheveux longs et sales, les cernes sous les yeux ne cachent plus rien : on est au bout du monde, dans une autre dimension, et après le "gros sandwich" qu'on s'est envoyé juste avant, la nuit n'a plus de limites.

On demande nos places pour Gamer mais le gars m'explique qu'il a loué sa grosse salle à une bande d'Indiens venus mater un Bollywood en DVD. Effectivement, après vérifiation dans la salle, le Bollywood bat son plein avec une bande-annonce de Rambo à l'indienne avec un acteur des Sopranos perdu dans le lot. Il poursuit en nous disant qu'il ne lui reste qu'une salle de libre et que le programme de ce soir stipulait qu'il diffusait aussi The Hangover, et que donc il va falloir choisir. Le problème c'est que tous les gens non-indiens présents sont là pour voir The Hangover (le film sorti au mois de juin que les gens continuent d'aller soir >SIGH<), on se retrouve donc en infériorité numérique. Le québécois bizarre qui nous suit depuis tout à l'heure annonce à Aimeric qu'il passe dans notre camp pour faire valoir son poids lors du vote. Youpi. Face à l'adversité, j'essaie de renverser les choses en gueulant "Free popcorn for those who came to see Gamer !!". Le gars obtempère, très commerçant et visiblement charmé de pouvoir faire passer la pilule, l'air toujours hagard et absent. Comme un zombie il nous tend des paquets de popcorn (dans des sacs en papier comme dans le temps) et alors que nous partons, on vient le saluer et il nous dit : "There's the Cincinnati Kid in Room 3, best film ever". Le ton macabre ne nous étonne plus, il poursuit : "You can go see it, it's a gift". On se pose, on réfléchit, et on y va. De toutes façons, il est maintenant occupé à vendre les billets pour The Hangover et sa femme a disparu pour se faire un fix.

L'expérience mystique continue dans la salle 3 du Cincinnati Kid ; Julien ouvre la porte, on se retrouve dans une salle visiblement faite main par le proprio car agencée d'une curieuse façon : de la porte d'entrée, deux rangées de sièges sont positionnées de part et d'autres de la salle (18 sièges en tout). Au milieu, l'écran est visiblement un panneau qui se tire du haut (comme en classe) et le lecteur DVD en dessous indique que le film est commencé depuis quelques minutes déjà. L'assemblée est fascinante : des grands-pères, parrains de la mafia locale, arrivent par les multiples entrées, déambulent devant l'écran en vacillant, se ravisent et s'assoient là où il peuvent. Devant, un sosie vieillissant de Danny de Vito ricane tout seul en mangeant ses bonbons. A un moment, un papy devant moi se tourne vers nous et nous demande en anglais s'il peut monter le son. Presque stone, étonné par l'anglais, je réponds sans faire exprès en gueulant "GO AHEAD !", et le gentil papy se lève, rallume la lumière pendant le film et monte le volume de la chaîne à fond.
A côté, le film bollywoodien est tellement fort que toute sa bande sonore empiète sur celui du film. Et des chansons indiennes sur un film de Steve McQueen, c'est incroyable.

Au final, on ne comprend pas grand chose de ce que les gens se disent à l'écran, mais l'expérience est gratifiante et atteint un niveau fabuleux. On termine tranquillement la séance avec le popcorn offert, on s'éclipse en saluant de loin le gérant, et on va se faire un burger au Wendy's.

Le Dollar Cinema, c'est magique, on y retournera !

Site internet : http://www.dollarcinema.ca/

PS: une référence importante à HIMYM se cache dans l'article/


3 commentaires:

Unknown a dit…

superbe.. et très bien écrit comme d'hab !

Samoul a dit…

Superbe moment, superbe plume : je t'aime. La vie fascinante, avec l'après-sexe Wendien, idéal. Tu animes l'un des derniers rêves que j'ai ; ton monde est onirique et transcendant. Je veux que tu me le présentes.

Ania a dit…

Hey! j'ai oublié de te dire que j'adore ce post.