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mercredi 23 décembre 2009

Grands écarts

Après notre arrivée dans la région de Banff (autour du 14 décembre), la vie romantique a sensiblement diminué en ampleur malgré les endroits où nous logions. Avec la découverte de la neige en milieu montagneux, il nous a fallu faire des réservations pour survivre au froid polaire du coin : jusqu'à -35°C un jour, avec les narines qui gèlent. Bref, grâce à certaines offres de dernières minutes, nous avons pu loger dans un hôtel grand luxe à trois étoiles et demi (sisi), avec jacuzzi en plein air et internet plein débit pour se rattraper en films (on ne perd pas le Nord !). L'abus est total et signé ; pour contrebalancer ce luxe, on se cuit des nouilles chinoises en douce dans les chambres grâce à la machine à café.

Hôtellerie de luxe dans le coin de Banff


Après trois jours de luxe et de prospection dans la région de Banff, nous avons dû nous replier vers un nouveau logement précaire sur Dead Man's Flats (hameau artificiel situé à une vingtaine de kilomètres), qui s'est avéré être une résidence de vacances très chic : Comme un appart dans un lotissement équipé du confort total (machines à laver le linge et la vaisselle, dryer).
Bref, pour faire comme à la maison, mais ailleurs. Déguster un poulet autour d'une table ronde fut d'ailleurs une expérience particulièrement enrichissante après deux semaines de fast-food.

Jacuzzi l'hiver en plein air, on s'y fait vite...


Cher lecteur, ne t'emballe pas, ces nuits d'hôtels/résidences nous coûtent moins cher que le dortoir commun de l'auberge de jeunesse, grâce à des réductions de dernières minutes. Pourquoi se priver, dans ces cas-là ?
Malheureusement, impossible de trouver un logement stable et du boulot dans la forêt, donc nous sommes retournés par la suite à Calgary (19 décembre), la ville principale, dans un hôtel 3 étoiles pour le week-end... Eh oui, encore moins cher, toussa, avec piscine, toboggan et jacuzzi. La réceptionniste rigole en nous voyant passer en serviettes de bains et les clients apprêtés (cause banquets de Noël dans les salles) flippent en nous voyant défiler.

Arrêt sur une aire d'autoroute... Le rêve.


Après 5 jours de remises en mains propres de CV, d'appels et d'envois d'emails dans la région de Banff, il faut se rendre à l'évidence: il n'y a pour l'instant pas de boulots pour nous dans l'immédiat, malgré les offres d'emplois qui fleurissent sur internet. A ce jour, nous n'avons reçus aucunes réponses positives, de la part d'aucunes entreprises. D'où la décision de se replier sur Calgary, pour s'y planquer un temps et chercher un boulot sur place, avant de retenter sur Banff quand, d'après les dires, la recherche d'employés reprendra (apparemment début janvier)

Nous avons emménagé ce lundi dans un petit appart pour passer les fêtes de Noël au chaud. Il était temps de poser les valises, et surtout de les vider dans des tiroirs et des placards (incroyable mais vrai). Après 3 semaines sur les routes, ça a été un soulagement accueilli avec chaleur par l'équipe. L'appartement est correct, et nous a été loué par un monsieur d'un certain âge possédant l'immeuble. En plus de ses rentes, il bosse toujours malgré sa retraite officielle, sans doute pour rembourser un prêt monstrueux ou nourrir ses chats. En tous cas, après les visites qu'on a faites (une maison sans internet, une cave au bout du monde), on est content de pouvoir se dire qu'on sera enfin posé l'espace d'un mois (voire plus si on persiste sur Calgary).

Recherche d'appart/boulot au Starbucks local


Noël nous a cueilli par surprise, mais nous sommes presque prêts : nous avons tiré au sort pour savoir qui offrait un cadeau à qui, les identités de chacun restent secrètes jusqu'au bout, pour un Noël presque comme à la maison. Nous avons profité des courses pour acheter du papier cadeau G.I. Joe afin d'emballer le tout, et poser nos cadeaux aux pieds de la plante en plastique. Premier Noël away, avec les copains, tout ira bien.

Pour fêter la fin de l'année et de la décennie, la mutinerie geek bat son plein et proposera dans les jours prochaines différents classements réjouissants pour élire nos films et albums/tracks préférés !

D'ici là, bon réveillon et plein de bisous !




samedi 12 décembre 2009

Sur la route - Retour au Canada

Au réveil à Fargo ce vendredi 11 décembre, il fait – 4°F (soit – 17°C). Jay Patel, le manager du Super 8, nous fournit en pâte à gaufre et après un petit temps de réflexion quant à savoir quelle sera la suite des opérations, nous reprenons la route direction Grand Nord. Après deux heures de route en ligne droite, on retrouve ces décors où de part et d’autres de la route, il n’y a rien. Rien que des plaines enneigées sans fin, un décor à la Fargo quand Steve Buscemi retourne le long des grillages bordant les plaines pour chercher un magot bien mal acquis qu’il ne trouvera jamais.


Arrivés à la frontière, on nous demande si nous avons des armes à feu, combien de cartes de crédits nous avons en notre possession, comment nous nous connaissons, etc. L’agressivité nous fait sourire, on repart en terrain canadien. Dehors, il est 13h et une brume s’est posée sur le plat paysage, éclipsant le soleil. On s’apprêterait presque à voir les créatures lovecraftiennes de The Mist déambuler sur les routes. Le ciel à la même couleur que le sol enneigé, on se sent étouffer dans un cocon gris infini.




J’ai cru un moment que le grand vide serait américain, en réalité il est canadien. Avec une population moitié moindre que celle de la France, on perd soudain nos réflexes d’américains où tout est tout le temps disponible : cette fois-ci sur notre route, pas de motels à prix cassés, pas de villes à traverser, et des prix moins coquins sur lesquels s’extasier (les pleins d’essence font de nouveau mal au portefeuille). Une hallucination collective nous réveille du chemin monotone : une église abandonnée, située en plein terre-plein de milieu de voie, lutte vaillamment pour subsister. Quelques pierres tombales branlantes situées sur son côté sont le dernier vestige d’une civilisation ayant quitté les lieux.
Nous poursuivons notre course plein Ouest, à la poursuite du soleil qui, avec ses enjambées, nous distance de plus en plus. Son rougeoiement nous permet de voir les derniers paysages, tantôt plaines enneigées, tantôt reliefs boisés, avec parfois quelques usines placées sur le bord de la route crachant une fumée se mêlant à la brume de l’horizon.


On fini par atteindre Regina (province du Saskatchewan) après quelques 10h de trajet, et nous tombons sur le motel de nos rêves : Non recensé sur internet, le motel regroupe quelques préfabriqués d’un autre âge où s’entassent sur un sol en pente des lits, quelques meubles rossés par le temps, un plafond perdant sa grâce jour après jour et un poêle antique dégageant au moins autant de chaleur que de monoxyde de carbone.
Mais le prix est cadeau par rapport aux autres propositions (71$ quand même) et comme on est au milieu de rien, pas de petit-déjeuner (faut pas abuser) et le réseau internet 56k coûte 5$.

Le lendemain, au départ

Après notre cavale insensée dans les immensités désertiques, on va à l'essentiel : Une douche dans la baignoire penchée (« crooked » comme l’appart de Marshall et Lily), et au lit. Une nuit sans grand sommeil, Aimeric guettant l’extérieur pour savoir si les mexicains en veulent à notre Patricia (la voiture), puis nous repartons le lendemain, direction l’Ouest…



lundi 16 novembre 2009

Road-trip, accordé

Navré pour ce post si tardif.

Après ces célébrations du week-end, Bruno ne comptait pas en rester là et a subtilement usé de son charme (à base de chantages affectifs) pour nous faire reprendre de mauvaises habitudes. C'est ainsi que dès le lundi soir nous étions de retour dans un endroit original (probablement un théâtre, avec parquet) pour célébrer la Chute du Mur de Berlin. Avec la chemise à carreaux du jour et mes Dr Martens, j'avais le look Krafwerk idéal pour cette célébration germanique à base de beats eurodance hongrois et ses lignes de basses éreintantes. Avec Bruno, c'est déhanchage pour tout le monde jusqu'à ce que la soirée se fatigue, lundi oblige, et que nous rentrions chez nous. Après cette célébration anti-communiste, on a gentiment repris la route de nos ambitions capitalistes malgré notre désir de revenir à l'air sain de l'immédiateté.


Ainsi, Thomas et Julien m'ont fait la surprise mercredi, de venir me chercher à la sortie du boulot pour me montrer le dernier achat collectif : une Plymouth Rallye de 1997, antiquité réjouissante qui annonce la suite avec amour. Au Grand Nord finalement avorté, nous préférons une plongée plein Sud pour écumer la côte Est afin de bien en faire le tour, et de partir sans se retourner. Impossible d'ignorer que nous sommes si proches des États-Unis (à 500km de Boston), aussi début décembre, nous filerons pour la paire Boston/New-York. Très tentés par Toronto et sa situation géographique idéale (entre US et CA, région des Grands Lacs et Chutes du Niagara), nous avons finalement dû laisser cette étape de côté pour des raisons budgétaires et les probables ennuis douaniers que nous apporterons les traversées multiples entre États-Unis et Canada.

Chicago sera donc l'ultime limite à atteindre, avec une traversée du désert par la ville de Cleveland et quelques possibles arrêts dans les motels du coin au passage...
Après Chicago, petit arrêt pipi par Minneapolis qui marquera la fin du périple états-unien, puis rentrée dans le Canada. Winnipeg et Saskatoon seront nos derniers arrêts avant une remontée vers les Rocheuses canadiennes pour se trouver un boulot à Banff, fief des stations de ski et de la saison hivernale.


Durée du road-trip 100% masculin : 20 jours si tout va bien, plus longtemps si on se perd à Woodstock ou London (deux villes dans l'Ontario), Detroit et sa 8 mile, ou Kalamazoo (parce que c'est mignon comme nom). En attendant, on révise les classiques : Aimeric regarde Into the Wild de Sean Penn et je me surprends à lire la biographie wikipédia de Jack Kerouac grâce à l'ami Sam et aux discussions envolées que nous avons, lui en Inde, moi au Canada.
La vie romantique, la vraie, continue.



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