samedi 12 décembre 2009

Sur la route - Retour au Canada

Au réveil à Fargo ce vendredi 11 décembre, il fait – 4°F (soit – 17°C). Jay Patel, le manager du Super 8, nous fournit en pâte à gaufre et après un petit temps de réflexion quant à savoir quelle sera la suite des opérations, nous reprenons la route direction Grand Nord. Après deux heures de route en ligne droite, on retrouve ces décors où de part et d’autres de la route, il n’y a rien. Rien que des plaines enneigées sans fin, un décor à la Fargo quand Steve Buscemi retourne le long des grillages bordant les plaines pour chercher un magot bien mal acquis qu’il ne trouvera jamais.


Arrivés à la frontière, on nous demande si nous avons des armes à feu, combien de cartes de crédits nous avons en notre possession, comment nous nous connaissons, etc. L’agressivité nous fait sourire, on repart en terrain canadien. Dehors, il est 13h et une brume s’est posée sur le plat paysage, éclipsant le soleil. On s’apprêterait presque à voir les créatures lovecraftiennes de The Mist déambuler sur les routes. Le ciel à la même couleur que le sol enneigé, on se sent étouffer dans un cocon gris infini.




J’ai cru un moment que le grand vide serait américain, en réalité il est canadien. Avec une population moitié moindre que celle de la France, on perd soudain nos réflexes d’américains où tout est tout le temps disponible : cette fois-ci sur notre route, pas de motels à prix cassés, pas de villes à traverser, et des prix moins coquins sur lesquels s’extasier (les pleins d’essence font de nouveau mal au portefeuille). Une hallucination collective nous réveille du chemin monotone : une église abandonnée, située en plein terre-plein de milieu de voie, lutte vaillamment pour subsister. Quelques pierres tombales branlantes situées sur son côté sont le dernier vestige d’une civilisation ayant quitté les lieux.
Nous poursuivons notre course plein Ouest, à la poursuite du soleil qui, avec ses enjambées, nous distance de plus en plus. Son rougeoiement nous permet de voir les derniers paysages, tantôt plaines enneigées, tantôt reliefs boisés, avec parfois quelques usines placées sur le bord de la route crachant une fumée se mêlant à la brume de l’horizon.


On fini par atteindre Regina (province du Saskatchewan) après quelques 10h de trajet, et nous tombons sur le motel de nos rêves : Non recensé sur internet, le motel regroupe quelques préfabriqués d’un autre âge où s’entassent sur un sol en pente des lits, quelques meubles rossés par le temps, un plafond perdant sa grâce jour après jour et un poêle antique dégageant au moins autant de chaleur que de monoxyde de carbone.
Mais le prix est cadeau par rapport aux autres propositions (71$ quand même) et comme on est au milieu de rien, pas de petit-déjeuner (faut pas abuser) et le réseau internet 56k coûte 5$.

Le lendemain, au départ

Après notre cavale insensée dans les immensités désertiques, on va à l'essentiel : Une douche dans la baignoire penchée (« crooked » comme l’appart de Marshall et Lily), et au lit. Une nuit sans grand sommeil, Aimeric guettant l’extérieur pour savoir si les mexicains en veulent à notre Patricia (la voiture), puis nous repartons le lendemain, direction l’Ouest…



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